Durant tout le XVIIIe siècle, et très certainement bien plus tôt, les habitants de Monton se plaignent de manquer d’eau potable. Recherche de sources, inspection et réparation des tuyaux existants pour améliorer le débit, rien n’y fait, le village manque cruellement d’eau une partie de l’année.

Le géologue explique que la coulée de boue solidifiée au pied des grottes, posée sur une couche imperméable de marnes, permet l’infiltration des eaux pluviales et leur rétention dans un réseau de petits filons qui la drainent, et peuvent sourdre entre les deux couches, dans la pente du versant, mais avec un débit fort modeste et irrégulier.

L’historien s’interroge sur l’implantation du château, autour de l’an mil. Même si ses bâtisseurs n’ont pas anticipé une population grimpant au fil des siècles jusqu’à plusieurs centaines d’habitants, il paraît probable qu’ils ne se sont pas contentés de citernes à eau de pluie et qu’ils ont eu à leur disposition une source qu’ils ont jugée suffisante. Peut-être ont-ils aussi creusé des puits et progressivement entrepris de creuser des galeries de captage à la recherche des filons humides, comme on le faisait ailleurs dès l’Antiquité ? On ne sait rien de l’histoire ancienne de l’eau potable à Monton…

L’archiviste trouve en 1723 mention du « quartier de la fontaine ». Il remarque le singulier… Il lit ailleurs que sur ordre de l’intendant, en 1746, un entrepreneur choisi comme expert inspecte les fontaines de Monton qui viennent d’être réparées par un fontainier clermontois, et les énumère : la « Bonne fontaine » ; la fontaine « du bétail » ; la fontaine « des femmes » ; la fontaine « de l’Englade » – cette dernière apparemment dénommée dans d’autres documents « fontaines du Barthiat », ou « fontaine de Saint-Allire » (Illustration). Les deux qui servent de lavoir et d’abreuvoir ne sont sûrement pas potables ; les deux autres, qui ont conservé leur nom jusqu’à aujourd’hui, sont situées à l’extérieur du rempart sud.

Le 4 juin 1808 enfin, le maire Marnat Courbaire écrit au préfet : « …la partie la plus populeuse de ma commune … éprouve … une disette d’eau si extraordinaire que la plupart des maisons ne peuvent s’en approvisionner que la nuit, et que dans le temps de sécheresse et de chaleur l’on voit habituellement soixante à quatre-vingts personnes faire la queue à la fontaine pour attendre leur rang et souvent ne puiser de l’eau qu’après cinq à six heures d’attente. » (A suivre)

 

Geneviève Plyer (Sites et Patrimoines)

(Illustration : la fontaine du Barthiat.)

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