A la Révolution, les bâtiments ecclésiastiques de Saint-Alyre furent vendus comme bien national et le cimetière désaffecté. Désormais tous les paroissiens étaient enterrés dans le cimetière de Monton.

Cela ne satisfaisait pas les habitants de Soulasse, qui faisaient valoir que leur village étant « éloigné d’environ une lieue de la paroisse, cette distance présent[ait] des inconvénients pour la translation des corps, surtout pendant la mauvaise saison ». Par ailleurs le village disposait depuis toujours d’une chapelle. Comme rien n’empêchait d’y célébrer des offices de funérailles, la création d’un cimetière fut autorisée dès 1820.

Les habitants de Veyre durent attendre plus longtemps. Eux aussi jugeaient « pénible et fatigant de transporter les cadavres et de suivre leur convoi au cimetière de Monton » mais ils ne disposèrent ni de chapelle ni de desservant avant les années 1860. Le cimetière fut ouvert en 1865 sur un terrain donné à la commune par l’abbé Gardet qui y avait des attaches.

L’aspect actuel des cimetières est une conséquence du décret impérial du 12 juin 1804 qui autorisa les concessions. Désormais chaque Français pouvait fonder une sépulture familiale, transmise à ses héritiers, et y construire (ou non) le monument qu’il voulait. Il faut cependant attendre 1833 pour que le système des concessions entre en vigueur à Monton. Moyennant quatre cents francs on obtenait une concession à perpétuité (les seules à être alors demandées). Une partie de cette somme revenait à la commune, une autre, de par la loi, allait obligatoirement à l’assistance aux pauvres.

Ainsi les monuments funéraires les plus anciens du cimetière de Monton sont-ils postérieurs à 1833. On trouve quelques pierres tombales individuelles antérieures, mais aucune d’avant la Révolution. L’uniformité architecturale de ces tombes bicentenaires est remarquable (Illustration).

Les concessions font leur apparition à Soulasse en 1857 seulement : il n’y avait pas eu de demande auparavant. Par contre, à Veyre, elles furent demandées et autorisées dès l’ouverture du cimetière en 1865.

 

Jacques Plyer (Sites et Patrimoines)

 

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