Les archives des délibérations municipales du XVIIIe siècle conservent la trace de nombreux bans de vendanges. Officiellement, un ban c’est l’ordre donné par le seigneur haut-justicier, Beaufort Canillac puis de Tane, de l’ouverture des vendanges et de leur calendrier.

A Monton, c’est l’assemblée du Corps commun, convoquée par les consuls en exercice, en présence de tous les officiers représentant le seigneur, qui se réunit alors chaque année pour en fixer la date et « régler les pans, du mieux qu’il sera de leur connaissance, afin d’éviter le dépérissement de la récolte ».

Car le ban n’est pas le pan ! même si depuis toujours les étourdis les confondent. Le ban c’est l’organisation des vendanges que l’autorité met en place zone par zone, ou, comme on dit en Auvergne, pan par pan. Cette organisation rigoureuse permet le contrôle du volume de la récolte et conditionne l’établissement de certains prélèvements financiers, comme les cens et les dîmes (Illustration : une borne réemployée dans un muret, place des Forts). Aspect des choses peu populaire, on s’en doute, et qui valut aux « bans des vendanges » une réputation d’institution féodale exécrable – ce qui n’empêcha pas une certaine organisation de perdurer après la Révolution, sous d’autres formes ménageant mieux les susceptibilités des citoyens…

Les deux premiers jours de vendange étaient réservés aux officiers du seigneur et aux consuls. Les sept à huit jours suivants, au reste des habitants, la contenance et le nombre de leurs bacholles dûment surveillés. On ne vendangeait pas le dimanche. Chacun des pans, délimité par des chemins, portait un nom qu’on retrouve de ban en ban, avec une orthographe changeante certes, mais sous laquelle on les reconnaît toujours. Ne résistons pas au plaisir de les nommer tous (entre 1717 et 1742) : le pan de la Serre, de La Chanaux, du Figuier, de Gasnevin, des Cros, de Bonnemort et Champaury, de Las Tiauleyras,

Leypinasseyre, Champtuard, La Garde, Lou Roudadour, Las Trelhas, Douleix, La Piquette, Fontpeteyre, Traslepuy, La Coust, Chardonnet, Las Combas…

 

Geneviève Plyer (Sites et Patrimoines)

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