Cet été, deux dates ont résonné dans la tête de nombre d’entre nous : 1998, 2018 !
Ajoutons-en une troisième qui finit aussi en 18, et n’est propre qu’à notre commune : 1718 ! Il y a exactement trois cents ans, les consuls de la paroisse s’interrogeaient sur la foire de Veyre, qui avait lieu traditionnellement le 29 août de chaque année.
Ils ne parvenaient pas à retrouver l’acte de sa fondation et ne se rappelaient pas quand elle avait été instituée – ce qui suggère une belle antériorité… Faute d’archives locales, c’est malheureusement toujours un mystère…
Le « Champ de la foire » était situé le long de la grande route qui sortait de Veyre au sud, au-delà du pont en allant vers Issoire. Grosso modo, de la rue des Caves au bureau de la Poste actuel, zone plus vaste que celle qui porte aujourd’hui ce nom.
Les premières constructions agricoles y apparaissant après la Révolution, le maire Marnat Courbeire édicta un nouveau règlement le huit fructidor an treize (26 août 1805). Enfin une première archive précise ! On y apprend tout ce qui était alors vendu.
« Les échoppes de marchands quincailliers, étoffes, mousselines, ferrements, batterie de cuisine, faïence, verrerie et autres seront placées comme par le passé au bord des maisons ou des fossés qui bordent la Grande Route […]. »
« Les marchands de fruits et pain et autres comestibles également […]. Il en sera de même des taverniers et des cafetiers.« Le champ appartenant à M. Marnat Chapel […] sera l’unique dépôt de la terraille de toute espèce, des thuiles, des cuviers et des mélards. »
« Les chanvres, les laines, les vieux linges, les vieux habits etc. etc. dans le même champ, derrière la rangée de noyers qui est en face du grand chemin. »
« Tous les bois de sapin, tels que coffres, planches, poutres, sablières, soliveaux, échelles etc. seront placés dans le champ de Mme Quaylard […]. »
« Toutes les cuves et pièces seront placées au-dessus, dans le champ de M. Tixier Gendre. »
« Tous les bois de chêne, tels que fonces, soliveaux et autres, seront placés dans (un autre champ, ainsi que) le dépôt des bois de sapin, (avec) un chemin entre deux. »
« Tous les cercles de cuve, de pièce, et autres, seront déposés dans le champ à la suite du précédent […]. Le même champ dans sa partie supérieure […] (sera) le foirail des chevaux et des bêtes à cornes. »
« Le marché aux cochons sera placé près du ruisseau […]. »
La foire a perduré jusqu’à nous. Aujourd’hui l’emplacement vient de changer, la date fluctue un peu, la marchandise sort des greniers, les flâneurs remplacent les paysans, mais le succès est toujours au rendez-vous !
Geneviève Plyer (Sites et Patrimoines)