Juillet est l’occasion pour un certain nombre de Veyre-Montonnais de prendre la route du sud.

Nommée successivement « Route nationale n° 9 » (ou « Route de Perpignan »), « Route impériale n° 9 » (1853), « Route royale n° 9 » (1824), « Grand chemin de communication de l’Auvergne au Languedoc » au XVIIIe siècle (Illustration, vers 1750) et « Chemin français » aux siècles antérieurs – quel que soit son nom, cette route a traversé Veyre durant des siècles. Auparavant, c’est-à-dire il y a près de deux mille ans, une voie romaine passait à proximité du confluent de la Monne et de la Veyre, où un grand pont (« ponte magnu ») a laissé son nom au terroir de Pomant. Comme souvent la mémoire d’un monument disparu survit à travers un nom de lieu…

Personne ne sait quand le tracé de la voie secondaire qui desservait Cardonetum (Veyre) a pris suffisamment d’importance pour supplanter celui de l’ancienne voie romaine. En tout cas un péage existe sur le pont de Veyre avant la conquête capétienne du XIIIe siècle. Et c’est à Veyre que les envoyés d’Alfonse de Poitiers choisissent de séjourner entre 1263 et 1267 pendant leurs tournées d’inspection. Au XVe siècle, un itinéraire flamand mentionne son nom sur la route de pèlerinage Moulins-Le Puy. C’est enfin à Veyre, à mi-distance entre Issoire et Clermont, qu’est établi un relais sur la ligne de poste, mise en service en 1643 entre Saint-Flour et Riom. En 1722, une garde surveille le passage sur le pont, à cause du « soupçon de la maladie contagieuse » (peste de Marseille de 1720). En mai 1733 les habitants de la paroisse « travaillent à la manœuvre des chemins royaux par ordre du roi », car l’Intendance vient de lancer de grands travaux sur cet itinéraire, fixant le tracé actuel et remettant tous les ponts en état jusqu’aux limites de la province.

Conclusion : depuis Philippe Auguste jusqu’à l’arrivée du chemin de fer (1855), Veyre fut un lieu de passage obligé sur la route du sud, et parfois une halte où s’arrêtaient les voyageurs venus de loin. Fonction indispensable que Monton, pourtant bien plus peuplé, ne pouvait assurer, à cause de sa position en hauteur. Aujourd’hui, revirement de situation, le tracé de l’autoroute A 75 à proximité de Veyre-Monton a retrouvé quasiment celui de la voie antique !

 

Geneviève Plyer (Sites et Patrimoines)

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