Deux bornes armoriées situées en limite de notre commune et de celle du Crest vont être déplacées, en raison des travaux d’élargissement de l’autoroute A75. Sur ces bornes sont sculptées les armoiries des Beaufort-Canillac, seigneurs de Monton de 1343 à 1689.

Les seigneurs de Monton (suite et fin)

A Marquis de Beaufort-Canillac, mort en 1419, succédèrent son fils Louis puis son petit-fils Jacques. Lesquels conservèrent tous ses titres et possessions, leurs frères respectifs étant morts sans descendance. Jacques à son tour n’eut pas d’enfants et se trouva le dernier représentant mâle de cette famille prestigieuse dont toutes les autres branches s’étaient éteintes. Aussi en 1511, pour perpétuer sa maison, il donna tous ses biens à son petit-neveu et filleul, Jacques de Montboissier, à charge pour lui et ses descendants de porter les nom et armes des Beaufort-Canillac.

Jacques eut quatre garçons ; il en fut de même de son dernier fils Jean. Si bien qu’au début du XVIIe siècle les titres et terres qui avaient été concentrés dans les mains de Jacques se retrouvèrent dispersés entre six branches de la famille, chacune dénommée différemment. Les trois branches les plus en vue étaient celle des marquis de Canillac, celle des vicomtes de la Mothe-Canillac et celle des vicomtes de Pont-du-Château.

En 1603, date qui figure sur la borne armoriée de la Jonchère, le seigneur de Monton

s’appelait François de Beaufort-Canillac. Son père Jean (voir paragraphe précédent) avait été vicomte de la Mothe, seigneur de Pont-du-Château, de Monton et des Martres. Il faut voir en lui le Jean de Beaufort dont une rue de Monton porte le nom. Pourquoi lui, plutôt qu’un autre Beaufort-Canillac, mystère…

François, quant à lui, était seulement seigneur de Monton, des Martres et de Chadieu, dont il acheta le domaine en 1627 et fit construire le château, et où il résida. En 1622, il avait reçu le titre honorifique de sénéchal de Clermont, afin d’assurer un intérim pendant la minorité de son neveu Claude, futur vicomte de Pont-du-Château auquel ce titre était promis. Au contraire de certains de ses cousins, François n’ajouta pas à son patronyme celui de Montboissier.

François eut un fils, prénommé lui aussi François, lequel n’eut qu’une fille, Jeanne. Celle-ci, dame de Monton et des Martres, épousa en 1689 Charles de Tane, d’origine piémontaise, et le couple s’installa à Chadieu. Ainsi, après presque 350 ans de présence, les Beaufort-Canillac disparaissaient de Monton – où ils n’avaient jamais résidé.

 

Jacques Plyer (Sites et Patrimoines)

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