Canton de Monton, canton de Veyre, canton de Veyre-Monton
En 1790, le département du Puy-de-Dôme, récemment créé, fut divisé en soixante-douze cantons. Parmi eux, le canton de Monton, qui ne comprenait que Monton et Tallende, et qui fut remplacé fin 1801 par le canton de Veyre, plus vaste.
A l’origine, le canton servait de cadre à la justice de paix et à l’élection « d’assemblées primaires ». Ce rôle évolua jusqu’en 1800. Sous le Directoire (1795-1799) existait une « municipalité cantonale » qui, dans le cas de Monton, coïncidait avec celle de la commune, alors composée de Monton, Veyre, Soulasse et Tallende.
(Illustration : le sceau de cette municipalité).
Dans la réorganisation administrative de 1800, les cantons ne subsistèrent que comme circonscription de justice de paix. Leur nombre fut réduit : il passa à cinquante dans le Puy-de-Dôme. Comme Monton et Les Martres-de-Veyre se disputaient le titre de chef-lieu de canton, l’homme politique local Claude Lamy proposa d’attribuer ce rôle à Veyre. Ainsi naquit le canton de Veyre en novembre 1801, composé de sept communes (Authezat, le Crest, les Martres-de-Veyre, Orcet, Plauzat, la Roche-Blanche, Veyre et Monton). Au cours du XIXe siècle quatre localités obtinrent le statut de commune et se détachèrent des anciennes (le Cendre, Tallende, la Sauvetat, Corent), donnant à notre canton la physionomie qu’il eut jusqu’en 2014.
Veyre, tout petit chef-lieu de canton, était le siège de la justice de paix, disposait d’une brigade de gendarmerie et d’un bureau de poste. Les jeunes gens du canton venaient y passer le conseil de révision. Par contre la perception fut toujours fixée aux Martres.
La commune prit le nom de « Veyre et Monton », bientôt abrégé en « Veyre-Monton », et l’on prit aussi l’habitude de parler du « canton de Veyre-Monton » plutôt que du « canton de Veyre ».
En 1800, il n’y avait aucun lien entre un conseiller général, nommé par le pouvoir politique, et un canton. Ce n’est qu’à partir de 1833 que les conseillers généraux furent élus : il y eut d’abord un seul représentant pour les cantons réunis de Veyre et de Saint-Amant-Tallende ; puis, à partir de 1848, un conseiller par canton, élu au suffrage universel. Notre canton n’eut que trois représentants jusqu’à la fin du XIXe siècle : Jean-Baptiste Tixier Courbayre, de Veyre (1848-1870) ; son fils Léon Tixier (1870-1880), maire de la commune ; Léon Chabory (1880-1903), maire du Mont-Dore, dont l’élection marqua l’avènement d’une tendance politique opposée.
La réforme de 2014 fit disparaître une circonscription qui avait structuré la vie locale pendant deux siècles.
Jacques Plyer (Sites et Patrimoines)